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Publié : 5 mai 2010

Compte rendu du stage syndical ouvert à tous du 22 avril 2010.

La mise en place de l’aide personnalisée est l’une des conséquences de la suppression de la classe le samedi matin. En parallèle, Xavier Darcos a supprimé de nombreux postes d’enseignants spécialisés de RASED. Ces faits posent la question de la prise en charge des élèves en difficultés. Face à cette situation, la commission ASH du SNUipp (composée de syndiqués exerçant en ASH) a proposé à l’ensemble de la profession le stage suivant : l’élève en difficulté : aide personnalisée et/ou aides spécialisées ?

Au cours de la matinée, Jean Jacques Guillarmé nous a présenté le rapport de recherche qu’il a mené avec Dominique Luciani intitulé : la querelle des aides à l’école. Cette remarquable intervention nous a permis de mesurer combien il est difficile de définir quelle aide semble la plus adaptée pour aider un élève en difficulté. Chacun a pu reconnaître des situations d’élèves préoccupantes, qu’il s’agisse d’enseignants ou d’enseignants spécialisés. Cette étude pragmatique montre que les dispositifs d’aide mis en place peuvent être efficaces, mais elle précise également que quelque soit l’aide proposée, on ne parvient pas à aider tous les élèves. Face à ce constat, Jean Jacques Guillarmé appelle de ses vœux une réelle transformation de l’école pour la réussite de tous, impliquant une refondation des aides proposées face aux mutations sociales, familiales, économiques, culturelles …

Il nous est impossible de résumer les propos de Jean-Jacques Guillarmé. Si vous voulez les retrouver, nous vous invitons à les lire en cliquant sur le lien suivant : http://www.edition-eres.com/pdf/Gui…

L’après-midi, par groupe d’enseignants et d’enseignants spécialisés, nous avons pu évoquer les difficultés que nous rencontrons face à la mise en place de l’aide personnalisée et de son articulation avec les aides spécialisées proposées par les membres des RASED. Nous allons essayer de vous rapporter le contenu de ces échanges le plus fidèlement possible.

Les thèmes suivants ont été abordés :

La gestion du temps scolaire :
- Manque de temps pour se concerter
- Moins de vie d’équipe
- Temps de travail alourdi sur une journée, autant pour les élèves que pour les enseignants
- Davantage d’heures pour les élèves en difficultés, non respect des rythmes de l’enfant
- Moins de réceptivité en classe après l’aide personnalisée dispensée le matin ou le midi, où est le bénéfice ?
- Préparer l’aide personnalisée, remplir les nombreux dossiers, rencontrer les parents, écouter la parole de l’enfant, etc. … en 6 heures : mission impossible !
- Difficulté pour les collègues de RASED de rencontrer les équipes, les emplois du temps n’étant plus collectifs
- Besoin de « faire du chiffre » en prenant un pourcentage d’élèves par école, ce qui crée une disparité énorme selon les écoles et pousse à prendre en soutien des élèves n’en ayant pas besoin, en créant chez eux un sentiment d’échec et en angoissant sans motif les familles.

Les répercussions de la mise en place de l’aide personnalisée sur les familles
- Organisation difficile pour la gestion de la cantine et des transports scolaires, en particulier dans les RPI : les parents doivent amener les enfants dans différentes écoles du RPI.

Les répercussions de la mise en place de l’aide personnalisée pour les enseignants
- Sentiment de pression face à la demande institutionnelle
- Sentiment d’échec face à la persistance des difficultés des élèves
- Surcharge administrative : trop de dossiers à remplir, trop de temps consacré à cette tâche au détriment de la préparation de classe
- Souffrance et fatigue des enseignants
- Frustration, sentiment de faire le travail des enseignants spécialisés sans être formés
- Grande diversité dans la gestion des emplois du temps de tous les collègues (brigades, temps partiel, etc.)
- Dans certains RPI, les enseignants prennent en charge les élèves du village quelque soit leur niveau

Les répercussions de la mise en place de l’aide personnalisée sur les enseignants spécialisés
- Les demandes d’aide sont rédigées plus tard dans l’année, ce qui retarde l’analyse et/ou la prise en charge de l’élève avec les membres du RASED
- Les membres du RASED sont de plus en plus sollicités :
- par leurs collègues enseignants en souffrance, qui ont besoin d’attention et d’écoute
- par les IEN pour former les collègues adjoints à la mise en place de l’aide personnalisée
- Surcharge de travail
- Le Maître E sédentarisé en classe ne peut être personne ressource qu’en conseil de classe
- Avec la suppression de postes en RASED, on assiste à une externalisation des difficultés (SESSEAD, orthophonistes privés, etc.)

Les critères de choix des élèves bénéficiant de l’aide personnalisée
- Parfois l’aide personnalisée peut paraître artificielle car obligatoire (un enseignant s’est vu reprocher par un inspecteur de ne pas avoir assez d’élèves en aide personnalisée), il y a un sentiment d’amalgame entre les besoins des élèves en difficulté et les demandes institutionnelles
- Le choix des élèves proposés pour l’aide personnalisée devait être communiqué trois semaines après la rentrée, or il doit se faire en conseil de cycles. Cette injonction de délai est-elle réaliste pour l’évaluation diagnostique et la connaissance de ces élèves ?

Les aspects positifs de l’aide personnalisée :
- Le travail en petit groupe,
- La prise en charge plus globale de l’enfant,
- L’organisation d’autres démarches pédagogiques,
- des rendez-vous réguliers avec l’enfant pendant lesquels on parle davantage avec lui,
- Un changement dans la relation enseignant/élève,
- En maternelle : les petits parleurs s’expriment davantage,
- Un gain pour l’estime de soi de l’élève.

Mais n’oublions pas qu’avant la NGM (Nouvelle Gestion des Moyens, http://www.snuipp.fr/spip.php?artic…) mise en place dans certains départements, nous avions déjà la culture du travail en groupes. Cette pratique est mise à mal par les groupes classes toujours plus chargés et hétérogènes, qu’on impose à nos élèves de subir années après années.

Remarques et questions diverses :
- Les membres du RASED interviennent principalement en cycle 2. Certains collègues pensent qu’ils ne peuvent pas les solliciter pour des élèves de cycle 3. Cet état de fait est le résultat des priorités fixées par l’IEN. Néanmoins, les demandes en cycle 3 permettent de faire remonter les situations d’élèves en difficulté pour lesquels on ne trouve pas de solutions pour leur venir en aide au sein de la classe.
- Pourquoi n’y a t-il pas d’orthophonistes dans le RASED ?
- Evolution des élèves pris en charge :
- Les difficultés sont multiples (problèmes sociaux, carences éducatives, problèmes des « enfants roi », etc.) : l’école subit le contre coup de la crise mondiale et des souffrances sociales qu’elle impose
- Manque d’outils pour y répondre
- Reconstruire le lien entre élèves/ enseignants et enseignants/parents
- Pluralité des difficultés des élèves et des réponses apportées (psychologue, orthophoniste, maîtres spécialisés, aide personnalisée). Quelle cohérence dans ce cumul des aides ?
- Il faut respecter le rôle et de la place de chacun (enseignant spécialisé, enseignant)
- L’aide personnalisée semble moins efficace en cycle 3 du fait de difficultés installées
- Pas de réel transfert de l’aide personnalisée vers la classe
- Pas de retour réflexif sur la mise en place des aides personnalisées
- L’individualisation de la gestion des difficultés a ses limites : nous sommes enseignants et non répétiteurs
- Les classes sont de plus en plus chargées, l’attention particulière apportée aux élèves en difficulté est plus difficile à mener
- Problème de la formation initiale :
- On travaille sur la norme et non sur les difficultés,
- Besoin d’apprendre à travailler en équipe.

Nos revendications :

• Rétablissement de l’ensemble des postes de membres du RASED qui ont été supprimés ces dernières années, rétablissement des maîtres sédentarisés dans leurs fonctions initiales

• Augmentation des départs en formations spécialisées avec engagement formel du ministère de maintenir et de renforcer les postes en RASED

• Plus de maîtres que de classes pour assurer une véritable prise en charge de la globalité des élèves sur un temps scolaire identique pour tous (2/3 d’une année scolaire en moins pour les élèves ne bénéficiant pas de l’aide personnalisée sur leur scolarité élémentaire)

• Plus de temps pour un travail de qualité pour éviter de pratiquer dans l’urgence

• Une redéfinition du temps de classe des élèves en adéquation avec leur rythme biologique

En organisant ce stage, les membres de la commission ASH ont essayé de satisfaire le plus grand nombre de collègues. Si vous souhaitez vous y investir, vous êtes les bienvenus ! Et n’oubliez pas qu’un syndicat n’existe que par ses adhérents. Si nous sommes nombreux, nos actions et nos revendications sont davantage considérées par la population et notre administration !