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Publié : 29 janvier 2011

Rythmes scolaires : rapport remis.

Un pré-rapport sous forme de "Rapport de synthèse des auditions, des débats dans les académies et des échanges sur internet" a été remis à Luc Chatel par le comité de pilotage (COPIL) de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires le mardi 25 janvier.

Des constats en forme de désaveu
Les constats qui portent sur l’ensemble du cursus de la maternelle au lycée ne sont guère nouveaux et sonnent comme un désaveu de la politique imposée depuis 2008 avec l’aide personnalisée et les nouveaux programmes : journée trop lourde, année trop courte, semaine épuisante en primaire, temps déséquilibrés… Ainsi "les temps de vie hors temps scolaire sont disparates […] trop laissés aux solutions individuelles et aux aléas locaux, au système D parfois". De plus les devoirs à la maison "pénalisent les élèves qui ont le plus de temps de transport ou qui sont le plus en difficulté". Associations de parents d’élèves, organisations syndicales, associations complémentaires, collectivités locales, mais aussi professionnels du tourisme, chacun a donné ou redonné son point de vue au cours du dernier trimestre 2010. Le COPIL a aussi rappelé la hauteur des enjeux de ce débat : "L’organisation nouvelle des rythmes scolaires du XXIème siècle conduirait à modifier le temps de travail scolaire, les manières d’enseigner, les missions des enseignants en interne, mais également leur articulation avec le temps péri et extrascolaire et avec le monde numérique et médiatique".

Les pistes de réflexion
Mais quand arrive le temps des propositions, le consensus reste difficile à trouver. Selon les rapporteurs, un certain accord se dégagerait sur la semaine de quatre jours et demi ou de neuf demi-journées, la modulation des horaires quotidiens en fonction des âges (5 heures en primaire), le passage des congés d’automne à deux semaines complètes et la nécessité d’aborder cette problématique dans la globalité des temps de l’enfant. La réduction des vacances estivales ne convainc pas pas consensus sauf si se réalise enfin "une meilleure alternance des temps de travail et des temps de vacances" (réalisation des 7 semaines + 2). Par ailleurs faut-il réduire les programmes toujours trop lourds pour être étudié dans une année ? Les professionnels du tourisme sont, quant à eux, motivés par l’étalement des vacances du 15 juin au 15 septembre avec deux zones, hypothèse que Luc Chatel dit avoir entendue. Pour les maires, les coûts engendrés par de tels changements les inquiètent : cela doit faire "l’objet d’une évaluation financière compte tenu des nombreuses incidences sur les activités périscolaires" (transports, cantines, activités de loisirs,etc). Autre paramètre à prendre en compte : les conséquences de ces décisions sur les conditions de travail des enseignants, voire sur la définition de leurs missions (activités d’enseignement et éducatives, temps de présence…)

Des voies de passage à trouver
Reste donc à trouver la voie de passage pour satisfaire des intérêts divergents, l’arbitrage reposant in fine sur le respect de l’intérêt de tous les enfants, précisent Odile Quintin et Christian Forestier, pilotes du rapport. De son côté, le SNUipp se préoccupe aussi du « mieux d’école » pour tous : réduction des effectifs, possibilité de travail en petits groupes avec plus de maîtres que de classes… Il estime qu’"un cadrage national est nécessaire pour garantir une égalité sur tout le territoire tout en s’appuyant sur l’intelligence des acteurs de terrain pour s’adapter aux conditions locales". Et un tel changement ne pourra se faire à l’économie ! De plus, précise-t-il encore, "l’avis des enseignants doit être pris en compte. Une nouvelle organisation des temps scolaires doit améliorer les conditions d’exercice du métier, ce qui concoure aussi à une meilleure réussite des élèves".

De fait pour le SNUipp, il s’agit, avec la FSU, de "continuer à porter des propositions d’amélioration de l’école concernant les choix éducatifs". "L’objectif premier doit être la réussite de tous les élèves dans une école de qualité pour toutes et tous". Pour cela il faudra bien aborder "la dimension qualitative du temps scolaire (pas « moins » d’école, mais « mieux » d’école), la culture à transmettre à tous et les programmes qu’il ne suffit pas d’alléger, le calendrier scolaire et les enjeux autour des vacances notamment d’été, la nécessité d’améliorer dans le même temps les conditions d’études et de vie des élèves et les conditions de travail des personnels".

Calendrier des opérations
Ce premier rapport fait uniquement la synthèse de ce qui a été entendu par le comité de pilotage. Un second rapport, d’orientation celui-là, sera établi à partir de quelques lignes directrices fixées par le ministre et fera des propositions en juin 2011. Les nouvelles mesures devraient entrer en vigueur "au mieux" pour la rentrée 2013 ou 2014, avec une mise en oeuvre progressive. Luc Chatel se garde bien de formuler la moindre proposition, il réserve ses décisions pour la deuxième partie de l’année 2011.

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communiqué de presse