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Publié : 5 avril 2011

Quelle profession enseignante pour l’OCDE ?

L’OCDE vient de publier un rapport « Construire une profession enseignante de haute qualité » à l’issue d’un sommet international ayant réuni ministères de l’éducation, organisations syndicales ou associatives du monde l’enseignement.

Le rapport décrit un certain nombre de dispositifs adoptés dans certains pays de l’OCDE. Savoir ce qui se passe ailleurs est nécessaire pour comprendre d’où viennent certaines propositions, celles qui nous conviennent comme celles qui sont très éloignées du système français.

Le rapport part du postulat qu’il va falloir trouver des enseignants et les garder. Pour rendre le métier attractif, il est possible d’envisager que le passage par l’enseignement ne soit qu’une première carrière ou qu’un moment de la carrière, qu’on puisse le quitter et y revenir, ou qu’il ne représente qu’un temps partiel et partagé de son activité. Une autre voie consiste à proposer des évolutions de métier avec des responsabilités différentes attachées à une évolution salariale.

L’efficacité des enseignants doit être améliorée : l’enseignement doit être basé sur les résultats de la recherche et réactualisé, les « standards » et référentiels devant faire l’objet d’un consensus chez les enseignants. La formation continue, le travail en équipe, les observations dans sa classe et dans les autres classes sont indispensables. Il existe des outils pour mesurer la progression des résultats des élèves et l’efficacité de l’enseignement. La confiance de l’administration est nécessaire pour que les enseignants se sentent soutenus et donc travaillent mieux. L’autonomie (des enseignants et des écoles) est un gage de cette confiance. L’évaluation entre dans ce cadre : auto-évaluation, évaluation par les pairs doivent être combinées avec une évaluation sur des critères acceptés par les enseignants : résultats des élèves, efficacité de l’enseignement, actions de formation, travail en équipe, relations avec les parents, implication dans la vie de l’école… Dans de nombreux pays l’augmentation salariale est subordonnée à la volonté d’accroître l’efficacité de son enseignement, en particulier en acquérant des certifications complémentaires. Cette augmentation se manifeste par un changement d’échelon, des primes, des possibilités de formations supplémentaires ou du temps libéré.

Une réforme ne peut réussir que si les enseignants en sont partie prenante. Leur avis de professionnels et d’acteurs est primordiale et doit être pris en compte dans un véritable dialogue social.

- Actuellement dans l’OCDE, un enseignant sur six est à temps partiel, et même un tiers en Norvège et Suède, un sur deux en Allemagne (primaire) et aux Pays-Bas.

- En Finlande, la confiance de la société envers ses enseignants est très élevée. On a compris qu’ils étaient les mieux placés pour faire des propositions pour améliorer les résultats des élèves.

- Aux Etats-Unis, un certification a été créée en 1987 ( NBPTS : National board for professional teaching standards). Elle consiste en une dizaine d’évaluations à passer en un an, la tenue d’un portfolio, des videos de pratiques de classe, des exemples de travaux particuliers avec une mesure de leur impact, le travail en équipe… Aujourd’hui plus de 90 000 enseignants possèdent cette certification qui donne droit à un supplément de salaire dans 22 états et plus de 700 districts.

- En Suède le gouvernement fixe le salaire de départ et laisse à la direction de l’école et à l’enseignant la négociation annuelle sur le salaire de ce dernier.


L’étude « Construire une profession enseignante hautement qualifiée » (en anglais)