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Publié : 25 mai 2011

Les enseignants ne sont pas des feignants : les résultats

L’enquête "Les enseignants ne sont pas des feignants ou le véritable temps de travail des enseignants" a été lancée en janvier 2011. Les 100 réponses exploitables ont permis de confronter nos deux hypothèses de départ à la réalité des données recueillies.

- 1ère hypothèse : Les enseignants travaillent bien plus que ne le pense les non-enseignants.
- 2ème hypothèse : L’augmentation des tâches administratives se fait au détriment des élèves. Nous constatons que les enseignants travaillent en moyenne 57h52 par semaine.
Le temps de trajet est inclus suite aux remarques de l’IA qui comparait les professeurs des écoles maintenant cadres A aux cadres supérieurs du secteur privé pour lesquels le temps de trajet est compté dans le temps de travail.

Sur ces 57h52, une part non négligeable est réservée au travail administratif et aux réunions diverses et variées. Le temps de classe et le temps "pour la classe" (préparations et corrections, recherches…) est bien au cœur de notre métier puisqu’il occupe plus de 75% de notre temps de travail.

Nos détracteurs nous rétorquent alors "Oui, mais vous avez tellement de vacances !…". Nous avons donc multiplié ces 57h52 par 36 (nombre de semaines de classe) avant de le diviser par 47 (nombre maximal de semaines de travail sur une année pour un salarié). Aucun doute, nous sommes bien au-delà des 35h hebdomadaires en temps de travail annualisé. Surtout que si l’on rajoute un forfait de 96h annuelles de travail pendant les vacances (soit 6h par semaine de vacances), on arrive à un temps de travail hebdomadaire annualisé de 46h21 !

Notre première hypothèse est donc vérifiée, les enseignants ne sont pas des feignants toujours en vacances mais bien des cadres avec de véritables horaires de cadres. Mais pas le salaire… (les PE et instit’ français sont les enseignants du 1er degré de l’OCDE qui passent le plus de temps dans leur classe chaque semaine pour un salaire très inférieur à la moyenne des enseignants de ces mêmes pays…)

Nous avons ensuite comparé la proportion de chaque type de tâche (en classe, pour la classe, administratif, réunion, parents et trajet) pour les différentes catégories de personnels ayant répondu à l’enquête (directeur, adjoints ; en ZEP, hors ZEP ; en élémentaire, en primaire, en maternelle). En faisant une simple opération, on se rend compte que pour préparer une heure de classe, tout le monde n’y consacre pas le même temps. On constate une disparité forte, par exemple entre les collègues de maternelle (49 minutes pour une heure de classe) et les collègues de primaire (35 minutes pour une heure de classe).

Les données font apparaître que toutes les catégories de collègues où le temps de travail administratif ajouté au temps de réunions représente une part importante du temps de travail hebdomadaire sont également celles qui consacrent le moins de temps à leur travail pour la classe (les autres tâches étant inchangées). Bref, les collègues qui de par leur affectation ou leur fonction ont une part plus importante de travail administratif ou de réunions ne peuvent pas consacrer une part aussi importante qu’ils le souhaiteraient à la préparation de leur classe.

La seconde hypothèse est donc elle aussi vérifiée : plus on travaille "hors la classe", moins on a de temps "pour la classe". Les injonctions diverses et variées ont donc pour effet de nous empêcher de faire notre métier correctement.

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