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Publié : 8 octobre 2012

Quel avenir pour la direction et le fonctionnement de l’école ?

La concertation sur la refondation de l’école, n’a pas éludé le sujet de la direction et du fonctionnement de l’école. Au-delà du constat partagé, beaucoup d’acteurs dont le SNUipp parlent de nécessaires évolutions. Mais de quoi parle t-on ?

Dans beaucoup d’ateliers évoquant l’école primaire, on y revient. Le rôle et le travail du directeur : « pas reconnu » ou encore « pas aidé », « sans réelle formation à la gestion d’équipe, aux relations avec les partenaires ou les parents… », « pas assez de temps pour gérer les routines mais aussi les imprévus du quotidien tout en étant le plus souvent chargé de classe ». Le constat est unanime : la barque est devenue bien trop chargée. Le SNUipp-FSU a porté fortement cette parole, enquêtes et remontées de terrain à l’appui.

Au-delà du constat, quelles pistes d’évolution ?

Une chose est sûre, la solution miracle n’existe pas. Un statut pour les 48 000 écoles ? Personne n’y croit quand on sait que 60% d’entre elles ont moins de cinq classes. Faudra-t-il un conseil d’administration pour chacune ? Beaucoup ont pointé le risque de monter de vraies usines à gaz. Un statut rattachant l’école au collège alors ? Monter des superstructures administratives donnerait la main aux chefs d’établissement. Plus besoin de directeur. On serait, à l’évidence, dans une secondarisation de l’école primaire que le SNUipp refuse fermement. L’école primaire doit rester une école à taille humaine, une école de la proximité, un service public assurant un maillage du territoire.

Un statut : proposition en trompe l’œil

Un statut pour le directeur ? Derrière un même mot, des réalités très différentes voire même divergentes : ici, le chef d’établissement, là, le supérieur hiérarchique, ailleurs, un directeur appartenant à un nouveau corps administratif, ou encore ailleurs un directeur avec un pouvoir de sanction sur son équipe… Son existence dans le second degré nous prouve qu’elle n’a rien de la solution miracle. Dans les enquêtes, les chefs d’établissement avouent ressentir, eux aussi, un profond malaise dans l’exercice de leur métier (pression, perte de sens, manque de temps, alourdissement des tâches, absence de reconnaissance…). Force est de constater que l’entrée par le seul statut mène vite à une impasse d’un point de vue réglementaire comme budgétaire. En quoi cela améliorerait-il le fonctionnement de l’école ?

Un changement radical de focale : Entrer par le travail réel

Le SNUipp propose un changement radical de focale. Il faut entrer par le travail réel actuellement demandé au directeur d’école, l’explicite comme l’implicite. C’est lui qui doit avoir un statut particulier, lui qui doit être reconnu pour être bien réalisé et non empêché. Faire vivre le conseil des maîtres comme une équipe partie prenante du fonctionnement de l’école, faire le lien avec les partenaires, la mairie, les parents, répondre aux sollicitations administratives, etc… Tout cela ne s’improvise pas. C’est pourtant la qualité d’exécution de ces missions et de bien d’autres qui sont source de fierté pour le directeur et de réussite pour le fonctionnement de l’équipe et de l’école.

Être directeur aujourd’hui ? Voilà la bonne question

Il est temps de reconnaître que ce travail complexe et à géométrie variable est une fonction spécifique, ce qui demande une formation spécifique, des conditions de travail adaptées, et une rémunération remise à niveau. Impossible alors de faire l’impasse sur les emplois pérennes d’aide à la direction, ou le besoin de temps par exemple. Lors d’une journée de réflexion consacrée à ce sujet, le SNUipp a mis en débat de nouvelles pistes. Tout le monde admet que les maîtres-formateurs et les enseignants spécialisés doivent être titulaires d’un diplôme spécifique (CAFIPEMF, CAPASH), avec une formation spécifique, des conditions d’emplois spécifiques et une rémunération spécifique. Former des enseignants tout comme prendre en charge la difficulté nécessite une qualification reconnue dans l’Éducation nationale. Pourquoi en serait-il différemment pour les directeurs qui ont un rôle essentiel dans le fonctionnement de l’école ? Entre le statu quo intenable et le statut fourre-tout, un autre chemin ?