Vous êtes ici : Accueil du site > Actualités > Départementales > CHSCT > Enquête rythmes scolaires : triste bilan
Publié : 10 février 2015

Enquête rythmes scolaires : triste bilan

Le SNUipp-FSU a mené une enquête sur la réforme des rythmes scolaires auprès des enseignants du 1er degré en novembre / décembre : plus de 16000 collègues ont réagi.

Trois enseignants des écoles sur quatre, interrogés sur la réforme des rythmes scolaires, jugent que les "dysfonctionnements" liés au temps périscolaire ont un "impact négatif" sur l’attention et la fatigue des élèves.

Pour 74% des professeurs des écoles interrogés, et 82% des professeurs de maternelle, ces dysfonctionnements constituent le "problème majeur" de la réforme, dont les conséquences portent aussi sur le fonctionnement de l’école.

En instruisant cette enquête, le SNUipp-FSU a voulu montrer le rejet des collègues face à une réforme mal menée, trop rapide, sans réelle concertation. Ainsi les enseignants rejettent la réforme des rythmes scolaires à 68% au niveau professionnel et à 81% au plan personnel.

Si certains collègues notamment de cycle 3 peuvent voir des effets bénéfiques aux 5 matinées (9%), la plupart des collègues de cycle 1 n’en voient aucun notamment en maternelle.

Cette enquête relève des éléments que nous connaissions et que nous avons portés : la réforme des rythmes cristallise un certain nombre de difficultés rencontrées par les collègues :
- accumulation de tâches et besoin de temps,
- sentiment d’augmentation de la fatigue chez les élèves
- emplois du temps peu cohérents
- peu de temps de repos, des temps collectifs insécurisants, des personnels peu formés et quelquefois peu structurants
- sentiment d’être abandonné dans la gestion quotidienne de la classe pour faire face tant au problème de comportement des élèves qu’ aux besoins particuliers de ceux-ci
- besoin d’ effectifs moins important et de RASED complet
- insuffisance de formation qui permet à la fois de prendre de la hauteur mais aussi de mutualiser les pratiques
- insuffisance de reconnaissance : l’expertise des collègues est peu prise en compte au cours de la mise en œuvre de cette réforme , leur investissement d’une manière générale leur semble peu reconnu
- insuffisance de reconnaissance salariale

De surcroît les collègues doutent de l’efficacité de cette réforme sur la réussite des élèves, contrairement aux propos de la Ministre qui annonce que la réforme permettra aux élèves d’avoir de l’avance sur les apprentissages, notamment "trois semaines" dans l’apprentissage de la lecture. Et cela sans aucun étayage scientifique.

Fort du résultat de cette enquête, le SNUipp-FSU va demander au Ministère de :
- Réécrire les décrets rythmes scolaires.
- Revoir les temps enseignants et élèves : le SNUipp-FSU demande la possibilité de libérer un mercredi sur trois pour que le temps de concertation soit réintégré dans l’emploi du temps régulier des écoles. Sur ce mercredi libéré, les enfants bénéficieraient d’activités périscolaires.
- Supprimer les APC qui se retrouvent clairement en concurrence avec les activités périscolaires. Le travail en petits groupes doit se faire sur le temps de classe pour tous avec notamment le développement du "plus de maîtres que de classes".
- Revaloriser les salaires : le SNUipp-FSU demande, comme mesure immédiate, le triplement de l’ISAE afin de la porter à 1 200 euros par an soit la part fixe de l’ISOE du second degré.