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Publié : 8 février 2016

FSU : un congrès pour redonner du souffle aux militants.

Tout juste réélue pour un 3ème (et dernier) mandat à la tête de la FSU, Bernadette Groison a eu droit, hier 5 février, à une "standing ovation" des quelque 850 délégués présents, y compris de certains coins de la salle où se sont ensuite concentrés les quelques votes hostiles à la motion majoritaire, laquelle a d’ailleurs recueilli 93 % des voix. Pourtant, comme l’expliquait à la presse le 28 janvier la secrétaire générale, les sujets de tension ne manquaient pas, comme en témoignent les 5 000 amendements qui avaient été déposés sur le texte du "thème 1", relatif à l’éducation. Mais au final, après que beaucoup d’entre eux eurent été pris en compte et d’autres retirés, il n’en restait que 48 à soumettre au vote.

Les oppositions qui s’exprimaient avant le congrès et au démarrage lundi, ne correspondent pas aux clivages traditionnels au sein de la fédération, entre tendances, notamment "Unité et Action" vs "Ecole émancipée", ni entre enseignants et non enseignants, ou entre premier et second degrés. Interrogée par ToutEduc, Bernardette Groison évoque "quelque chose de "plus diffus, plus éparpillé", "une situation difficile", des militants "un peu découragés", qui se demandent "pourquoi ça ne marche pas", qui ont du mal à mobiliser leurs collègues et à peser sur les décisions du Gouvernement. Fallait-il faire "comme si", ou au contraire, "parler de nos difficultés", au risque "d’énerver" ? "On a mené les débats entre nous, et nous avons eu envie de sortir de là avec du positif", résume-t-elle pour expliquer le travail de synthèse qui a été conduit pendant 5 jours pour rassembler et galvaniser les énergies. "On a réussi à avoir des débats, à redonner un peu de confiance, de souffle."

PPCR et salaires

La fonction publique et son rôle dans une société dont la cohésion est menacée, constituait le "fil rouge" du congrès, susceptible de réunir des syndicalistes venus d’horizons très divers, les enseignants mais aussi la fonction publique territoriale, Pôle emploi, la PJJ… De plus, dans les mois qui restent avant la campagne pour la présidentielle, c’est d’abord sur les salaires qu’est attendu le Gouvernement. La négociation doit s’ouvrir à la fin du mois, vraisemblablement les 25 et 26 février. S’y ajoutent les discussions sur la mise en oeuvre du PPCR (parcours professionnels, carrières et rémunérations) qui doivent déboucher avant le 1er janvier sur la publication d’un demi-millier de textes.

"Nous savons que la CGT s’interroge sur l’opportunité d’une action interprofessionnelle. Si le Gouvernement n’arrive pas avec des propositions suffisantes, nous serons disponibles pour une action, et on mettra en débat la question de la grève, avec toutes les organisations qui le voudront." Bernadette Groison insiste sur l’importance de ce rendez-vous. Le "ras-le-bol" est important, "même si on a des difficultés à mobiliser", et le risque est grand, "si des mesures fortes ne sont pas annoncées en termes de dégel du point d’indice et de rattrapage, et que la colère ne trouve pas à s’exprimer dans un cadre syndical, qu’elle se traduise dans les urnes, et le vote FN."

L’éducation comme projet de société

Dans le domaine de l’éducation, où elle estime que le message réformateur du gouvernement est devenu illisible, où "plus personne ne voit les priorités", la FSU prendra à l’automne "une initiative" pour faire connaître ses "grandes propositions" et "repositionner la question de l’éducation en tant que projet de société", notamment pour les élèves les plus en difficulté. Sur le collège, Bernadette Groison dénonce un risque d’enlisement du conflit, mais, au-delà, elle s’inquiète de l’absence de message adressé aux enseignants des écoles et établissements "ordinaires", qui ne sont pas en éducation prioritaire. Pour eux, rien n’a réellement changé. "Ils ne disent pas qu’il n’y a rien, qu’il ne s’est rien passé, mais leur quotidien reste le même." A noter que la pétition lancée par le SNUIPP (syndicat FSU du 1er degré) pour demander "du temps, de la confiance et des moyens" et pour "transformer (le) travail" a recueilli plus de 22 000 signatures en une semaine. L’heure d’APC (activités pédagogiques complémentaires) est particulièrement visée.

En ce qui concerne la justice des mineurs, puisque la FSU syndicalise les personnels de la PJJ, la fédération dit toute son inquiétude de voir remis en cause le projet de réforme que portait Christiane Taubira. Les agents de Pôle emploi, eux aussi inscrits dans le champ de syndicalisation de la FSU, refusent toute régionalisation et transfert aux nouvelles régions.