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Publié : 19 décembre 2008

CDEN du 19 décembre : déclaration préalable du la FSU

CDEN du 19 décembre 2008

Déclaration préalable de la FSU

Monsieur le Préfet, Mr le Vice Président, Mme la Secrétaire générale,

Le 20 novembre dernier les personnels de l’Education nationale étaient massivement en grève. A l’appel d’une large intersyndicale, ils exprimaient ainsi avec force leur rejet des choix budgétaires opérés, des réformes imposées, du mépris affiché. Depuis la mobilisation n’a pas faibli, relayée notamment par les lycéens et les étudiants. Les raisons de ce fort mécontentement sont multiples.

Concernant le premier degré, les 6000 suppressions de postes au budget 2009 sont toujours d’actualité dans un contexte, rappelons-le, où, au plan national, les prévisions d’effectifs sont à la hausse. Les 500 créations annoncées pour y faire face seront bien insuffisantes. Quant à la dotation symbolique de 4 postes pour notre académie c’est l’arbre qui cache la forêt des 117 autres retraits qui touchent notamment les RASED.

Concernant ces derniers, si le ministre tente de rassurer en affirmant que leur disparition n’est plus programmée, reste que les 3000 suppressions de postes E et G sont plus que jamais à l’ordre du jour et qu’au prochain CDEN nous sera proposée une carte avec un tiers des postes en moins et probablement des secteurs entiers sans implantation. C’est bien ce que montrent les documents remis aux organisations syndicales pour le CTPM qui fixe la taxation à 100 postes pour l’académie d’Amiens. Compte tenu des difficultés de ce département c’est une aberration. Le ministre doit cesser d’ instrumentaliser la mise en place de l’aide personnalisée pour mieux justifier ces 3000 fermetures de postes. En effet, il n’existe pas une difficulté scolaire, mais des difficultés scolaires qui nécessitent des dispositifs multiples et adaptés, les réseaux d’aide en faisant nécessairement partie. C’est pour cette raison que cette mission de proximité doit rester au sein de l’Education nationale et présente sur tout le territoire départemental. Nous rappelons d’ailleurs le vœu émis en ce sens par cette instance en octobre dernier. Ce n’est pas l’annonce d’une hypothétique formation sur 5 ans de 40 000 enseignants à l’aide aux élèves en difficulté qui nous fera changer d’avis.

Quant à la mise en place de l’aide personnalisée, elle se fait dans la confusion -, suscite de nombreuses difficultés – comme l’a d’ailleurs montré le dernier CDEN - et fait l’objet d’interrogations, voire de vives critiques que l’annonce des mesures concernant les RASED n’a fait qu’exacerber. Dès la rentrée la FSU a demandé un bilan qualitatif au ministère qui n’a à ce jour donné aucune réponse. En cette fin de 1er trimestre nous avons donc appelé la profession à prendre le temps de faire un bilan y compris avec les familles. Nous entendons en effet nous appuyer sur celui-ci pour débattre, faire de nouvelles propositions, afin de peser sur l’avenir et la réussite de tous les élèves, et d’obtenir notamment la réouverture du dossier du rythme de la journée de l’élève et de la semaine scolaire.

Par ailleurs, le ministre peut présenter ses excuses aux enseignants de maternelle, annoncer que la mise en place des jardins d’éveil n’est plus d’actualité ou encore que les conditions d’inscription des élèves de moins de trois ans sont maintenues pour la rentrée prochaine, reste que nous constatons les prévisions de la DEPP prévoit un taux de scolarisation des 2-3 ans une nouvelle fois à la baisse : 15,65 à la prochaine rentrée contre 40% rappelons-le en 99/2000. Comment ne pas dénoncer également la décision de ne plus recruter sur la liste complémentaire du concours PE dans l’académie d’Amiens, cette impossibilité de recrutement aggravant les difficultés déjà importantes de remplacement dans le département (environ 40 enseignants non-remplacés chaque jour ces derniers temps)

Nous tenons par ailleurs à rappeler ici notre détermination à continuer à combattre ce que le gouvernement appelle le droit d’accueil en cas de grève, qui a d’ailleurs bel et bien montré ses limites le 20 novembre dernier. Nous profitons de cette instance pour nous déclarer solidaires des 15 communes du département aujourd’hui assignées devant le Tribunal Administratif pour avoir exprimé leur opposition à ce texte, suite à une requête que vous avez engagée Mr le Préfet.

Les collèges, quant à eux, sont exsangues. Faute de dotations suffisantes, les classes se chargent, des enseignements disparaissent, des dispositifs pédagogiques conçus par les collègues pour favoriser le travail interdisciplinaire et la réussite des élèves s’évanouissent. L’accompagnement éducatif, souvent cité en exemple par les services ministériels, n’est, au regard de ce qui a disparu, qu’un modeste emplâtre sur un mal profond. Il rejette l’aide individualisée hors du temps du cours et exclut de fait une part importante des élèves qui en auraient le plus besoin.

Le nombre d’heures poste autorisées a fondu : 1,24 à cette rentrée 2008 contre 1,27 en 2005. Cela conduit à la multiplication des heures supplémentaires (8,43% de la dotation), à la multiplication de compléments de service lointains effectués parfois pour des quotités ridicules. Avec des dotations plus consistantes, ces errements n’existeraient pas et la prise en charge de la difficulté scolaire constatée depuis longtemps dans notre département n’en serait que meilleure.

Nous avons enfin souhaité que la question des Contrats aidés soit abordée lors de ce CDEN et tout particulièrement la situation des personnes en Contrat d’accompagnement à l’emploi. En effet, l’ensemble des contrats aidés n’ayant été renouvelés que jusque décembre 2008 dans notre département, certaines personnes en CAE sont pénalisées et en difficultés car, bien que n’étant pas au terme des deux années de contrat, celui-ci a déjà fait l’objet de deux renouvellement, soit le maximum fixé par la réglementation. Nous vous demandons en conséquence, Mr le Préfet d’intervenir d’urgence auprès des services de l’ANPE pour que des mesures dérogatoires soient prises afin que ces personnes puissent aller au terme de ces deux années de contrat, que des enfants en situation de handicap ne soient pas privés de cet accompagnement, et que les équipes pédagogiques, les établissements puissent fonctionner dans de bonnes conditions.

Les toutes récentes élections professionnelles à l’Education nationale, avec un taux de participation à la hausse et une FSU confortée dans sa place d’organisation de loin la plus représentative, sont en quelque sorte un véritable camouflet pour le ministre de l’Education Nationale qui déclarait il y a peu « que les professeurs méritaient mieux que leurs syndicats actuels ». Le gouvernement ferait bien d’en tenir compte.

De ce point de vue, si la FSU considère positivement que le gouvernement ait entendu les grévistes et les manifestants sur la réforme des lycées, elle souhaite qu’il en soit de même concernant les moyens en postes nécessaires pour la rentrée 2009 et pas seulement d’enseignants, mais aussi d’administratifs et d’ouvriers, de personnels sociaux et médicaux, d’orientation et psychologues, d’éducation, etc. ; mais elle souhaite qu’il en soit de même également concernant d’autres réformes (sur le premier degré et les Rased notamment mais aussi sur les Bacs pro et les BEP, sur la formation des maîtres, sur l’enseignement supérieur et la recherche, les IUT, …). Puisque le ministère semble maintenant persuadé, sur un dossier, qu’on ne saurait réformer au pas de charge et contre l’avis des personnels et des usagers, il doit admettre qu’il en est de même sur les autres thèmes.

Comme cela ne semble pas être le cas, la perspective d’une suite en janvier s’impose pour la FSU D’ores et déjà, et sans exclure d’autres rendez-vous, elle appelle à réussir la mobilisation annoncée dans notre secteur pour le 17 janvier ainsi que le 29 dans le cadre d’une journée d’action interprofessionnelle.

Car, quand on décide de mettre sur la table 360 milliards d’euros , dont 40 milliards de dépenses, pour sauver le système bancaire face à la crise, quand on prend ainsi des engagements dont on ignore le coût à terme, n’est-il pas légitime de s’interroger sur les coupes claires que l’on fait subir aux services publics comme aux dépenses sociales ? Peut-on ne pas tout faire pour assurer l’accès de tous les jeunes à des qualifications reconnues ? Peut-on accepter que l’Etat « dégraisse » massivement et condamne au chômage ou aux emplois précaires des dizaines de milliers de jeunes supplémentaires ?

Nous souhaitons enfin que la question du règlement type départemental soit retirée de l’ordre du jour dans la mesure où le Comité Technique Paritaire départemental n’a pas été préalablement consulté sur ce point.